Filtres de la recherche en cours :

Egypte : Philæ, le kiosque de Trajan inondé

XXX

Légende sur document :

Philæ - Le kiosque de Trajan - 5898

Légende inscrite au centre de la plaque de verre.


Mots Clés

Philæ Site Archéologique Temple Chapiteau Colonne Nil Trajan

Collection

VERGNIEUX

Datation : Entre 1905 et 1907

Commentaire datation : En fonction des autres images de la série. ( datation min. : 1905, datation max. : 1907 )

Auteur du cliché : Inconnu

Editeur : Non identifié

Lieu de la prise de vue : Philæ , Gouvernorat d'Assouan , Égypte /Afrique/Égypte/Gouvernorat d'Assouan/Philæ

Texte au recto : Philæ - Le kiosque de Trajan - 5898

Analyse :

Le site de Philae se situe sur la 1ère cataracte du Nil, au sud d’Assouan, à presque 700 km au sud du Caire. Cette île comprenait les ruines d’une ville de l’Égypte ancienne, avec, notamment, le magnifique petit temple d’Isis. Jusqu’en 1902, les ruines de l’ensemble antique de Philae sont au sec sur une île, comme on peut le voir sur la vue SAB033. L’inauguration du grand barrage d’Assouan en 1970 noya définitivement le site.
La vue ci-dessus est un document ; elle rappelle à notre mémoire collective ce que nous avions peut-être un peu oublié : déjà en 1894, les Britanniques avaient entrepris la construction d’un premier barrage juste en aval, à Assouan, pour développer l’irrigation et, en particulier, pour promouvoir sur de vastes surfaces une culture pratiquement industrielle du coton.
Ce barrage, mis en eau en 1902, a eu immédiatement pour effet d’inonder le site de Philae 10 mois sur 12, en dehors de la saison sèche. Ainsi, à partir de cette date, les touristes devaient venir sur le site en barque, ce que Pierre Loti déplora profondément dans un texte « La mort de Philae » : « La noyade de Philæ, écrivait Pierre Loti, vient, comme on sait, d'augmenter de soixante-quinze millions de livres le rendement annuel des terres environnantes. Encouragés par ce succès, les Britanniques vont, l'année prochaine, élever encore de six mètres le barrage du Nil ; du coup, le sanctuaire d'Isis aura complètement plongé, la plupart des temples antiques de la Nubie seront aussi dans l'eau, et des fièvres infecteront le pays. Mais cela permettra de faire de si productives plantations de coton ! »
C’est donc de cet état que la photo ci-dessous témoigne. En outre, le premier barrage fut surélevé par deux fois (entre 1907 & 1912, puis entre 1929 & 1934) aggravant à chaque fois les dommages causés aux édifices.
Sur un côté de l’île, le kiosque de Trajan est bien une construction réalisée sous le règne de l’empereur romain Trajan. Inachevé, ce pavillon très élégant était le seul visible lorsque l'île était submergée. C'est une petite construction en forme de portique rectangulaire, mise en chantier vers l'an 100. Elle comporte quatorze colonnes avec de beaux chapiteaux campaniformes. A l'intérieur, sur deux de ses murs, on voit l'empereur célébrer les rites d'offrandes à Isis et Horus, puis à Isis et Osiris. Les processions qui se rendaient sur l'Ile accostaient ici et passaient vraisemblablement sous ce kiosque. Les chapiteaux des quatorze colonnes du kiosque s'étagent en ombrelles de papyrus de taille croissante entre lesquelles s'intercalent des boutons floraux. Le kiosque devait servir de reposoir à la barque sacrée de la déesse Isis lorsque celle-ci quittait l'île ou la rejoignait, à l'occasion de cérémonies religieuses.
A partir de 1960, après plusieurs années de tractations politiques et d'arrangements financiers, le président Nasser prit la décision définitive de la construction du haut barrage d'Assouan. Ce projet constituait une nouvelle menace pour Philae, car l'île se trouvait entre les deux barrages. Le lac de retenue de l'ancien barrage d'Assouan fut en partie transformé mais maintenu. Il était prévu d'abaisser le niveau moyen de ce lac qui atteindrait alors le premier pylône du temple d'Isis à la moitié de sa hauteur, permettant aux ruines d'être en plus grande partie à l'air libre. Mais cette transformation induisait une hausse du niveau de la nappe phréatique ; l'île ne pouvait donc plus être totalement à sec pendant une partie de l'année. En outre, les fluctuations quotidiennes du niveau du lac devaient atteindre six mètres d'amplitude, risquant de provoquer une érosion accrue des pierres et une accélération de la disparition des ruines.
Le sauvetage de Philae fut alors décidé par l’UNESCO qui lança à cette occasion des travaux d’une ampleur inédite, la solution retenue étant la même que pour les temples d'Abou Simbel quelques années plus tôt (voir plus bas) : le démontage des ruines et leur reconstruction sur un nouveau site à l'abri des eaux du lac. Ce déplacement fut orchestré par le ministère de la Culture égyptien et les services d'archéologie du Caire sous l’égide de l'UNESCO, la responsabilité du projet étant confiée à Christiane Desroches Noblecourt, célèbre égyptologue française, déjà à l'origine du sauvetage des temples d'Abou Simbel.
Le déplacement des temples à proprement parler commença avec le découpage des ruines et leur transport en barges vers un site de stockage provisoire. Entretemps, l'île d'Aguilkia située à environ trois cents mètres au nord-ouest de Philae fut préparée pour accueillir les ruines. Le sauvetage fut achevé en 1976. Malheureusement, des dizaines d'autres sites archéologiques d'Égypte, jugés de moindre importance, mais qui faisaient encore l'objet de recherches, ont été définitivement engloutis par la montée des eaux. L’Egypte prit à son compte la moitié du coût de ce transfert.

Bibliographie :

M. Peters-Destaract, Philæ le domaine d'Isis, Éditions du Rocher, Monaco, 1987.
D. P. Dilverman, Au cœur de l'Égypte Ancienne, Larousse-Bordas, Paris, 1997.
Guide Gallimard, Égypte, Éditions Nouveaux-Loisirs, Paris 1994.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philae
https://www.baudelet.net/voyage/ Égypte/philae-kiosque-trajan.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ancien_barrage_d ’Assouan
« Victoire en Nubie, 4000 ans d’Histoire sauvés des eaux », Le Courrier de l’UNESCO, Février/Mars 1980

Etat de conservation : moyen

Lieu de conservation : Pessac

Type de support : Verre

Information développement : Positif

Information couleur : Sépia

Type de stéréo sauvegardée : Anaglyphe (bleu / rouge)

Proprietaire : M. Vergnieux

N° d'inventaire : RVX431

Elaboration de la notice : Alain Barutel et Christian Bernadat (indexation collaborative)